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Rosa Parks : La femme qui a changé l’Amérique – Eric Simard

1er décembre 1955 Montgomery, Alabama. La révolte d’une femme entraîne les États-Unis dans une lutte contre la ségrégation raciale… Rosa Parks est noire. Lorsqu’un chauffeur de bus lui ordonne de céder sa place à un Blanc comme l’exigent les lois locales, elle refuse et reste assise. Sa condamnation indigne la communauté noire, qui, menée par un jeune pasteur répondant au nom de Martin Luther King, décide de boycotter les bus de la ville…


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Oskar. Merci à Angélique pour sa confiance.

Après ma lecture du livre sur Gisèle Halimi de la même collection, j’ai voulu découvrir celui sur Rosa Parks pour en apprendre plus sur cette femme qui a marqué la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Ce court livre donne beaucoup d’informations, malheureusement je lui ferai le même reproche qu’au précédent concernant la chronologie, c’est assez compliqué de recouper les différents événements et de les situer les uns par rapport aux autres.

La plume dans son ensemble est assez simpliste, et je l’ai même trouvée parfois (trop souvent) problématique. J’avoue avoir été un peu sceptique à l’idée de découvrir le parcours d’une femme noire raconté par un homme blanc plutôt que par une personne concernée par les thématiques abordées. Finalement, mes doutes se sont avérés, puisque ça s’est ressenti au fil de ma lecture, comme l’ont démontré certaines formulations de phrases. Cela dit, il s’agit de ma perception en tant que personne non concernée par le racisme, donc j’imagine qu’il y a d’autres aspects qui ont certainement dû m’échapper. Ce livre est un exemple palpable de la nécessité de faire appel à des sensitivity reader quand on est pas directement concerné par des thématiques aussi importantes. Un sensitivity reader aurait apporté un regard plus approfondi et plus éclairé sur l’ensemble. Malgré toute la bonne volonté du monde, une personne blanche ne pourra jamais se mettre à la place d’une personne noire. Ça me semble d’autant plus indispensable pour des livres d’une telle envergure. Je trouve ça gênant …

Je vous mets quelques exemples de phrases que j’ai relevées rien que dans les 10 premières pages :

“C’était le 1er décembre 1955 et son refus déclencha la lutte organisée des Noirs pour la reconnaissance de leurs droits civiques. Ce qui est remarquable est que cette étincelle ne servit pas au déclenchement d’émeutes raciales”. Parce que lutte organisée des Noirs pour la reconnaissance de leurs droits veut forcément dire émeutes ?

En évoquant l’esclavage, l’auteur dit “Tel était le degré d’avilissement dans lequel les Noirs étaient tombés”, je veux bien croire que ce ne soit pas intentionnel, mais la tournure ne va pas du tout, on ne parle pas d’Obélix et la potion magique là. Pour rappel, le Larousse définit l’esclavage comme : état, condition de ceux qui sont sous une domination tyrannique.

Pour finir, toujours sur l’esclavage : “Trois siècles et demi leur furent nécessaires pour “remonter la pente” et imposer aux Blancs du Sud des US une législation qui leur assurait les mêmes droits qu’eux.” Malgré les guillemets, je trouve l’expression de “remonter la pente” hyper déplacée. Si l’idée était de rendre le texte accessible à de jeunes lecteurs, je pense qu’il y avait moyen de le faire en étant moins maladroit.

Je n’ai pas trouvé de chronique de personnes noires pouvant confirmer ou infirmer mon ressenti sur le côté problématique de ce livre, donc ça reste un avis personnel qui peut être à nuancer. Mais si un récit sur la vie de Rosa Parks vous intéresse, elle a écrit une autobiographie qui a été traduite en français (je ne sais pas ce que vaut la traduction par contre) : Mon histoire : Une vie de lutte contre la ségrégation raciale.

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Charlène

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