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Là où vont les belles choses – Michelle Sacks

Dolly est contente. Elle et son papa sont partis en voiture pour vivre une aventure. Ils changent d’hôtel tous les soirs, voyagent la journée, mangent des burgers et boivent du Coca. Maman ne serait pas ravie, mais ça lui apprendra à partir en week-end sans eux. Bien sûr, il y a ces soirs où sa mère lui manque, où son père s’énerve, mais dans ces moments-là Dolly a toujours sa jumelle Clemesta à qui raconter ses soucis. Ce que Dolly ne dit pas, c’est que cette aventure ressemble plutôt à une fuite. Que sa mère n’est pas partie en week-end. Que son père se conduit de plus en plus bizarrement. Et que Clemesta, si elle lui apporte le réconfort qui lui manque tant, ne peut pas lui répondre. Les kilomètres défilent, un État succède à l’autre, les belles promesses virent au cauchemar, le destin de Dolly est sur le point de basculer… 


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Belfond. Merci à Claire pour sa confiance.

Dolly et son père partent tous deux sur les routes en Amérique pour une fabuleuse aventure… Tellement fabuleuse qu’elle ne ressemblera à aucune autre : ce sera même mieux que d’aller à Disneyland. En tout cas c’est ce que lui promet son père.

Dolly est une petite fille de 7 ans avec un “cerveau bien développé” qui est extrêmement curieuse. Elle ne cesse de se renseigner sur plein de choses afin d’apprendre toujours plus sur ce qui l’entoure. Elle est aussi très bavarde et tente d’enrichir son vocabulaire par tous les moyens. Accompagnée dans ce périple par sa meilleure amie, sa confidente de toujours, son doudou, Clemesta, la reine des peluches licornes, Dolly partage au fil du récit ses meilleures analyses sur le monde du haut de sa petite expérience. Elle est lumineuse et égaye le récit avec ses digressions en tous genres. C’est un régal que de suivre l’histoire au travers de ses yeux puisqu’elle apporte un souffle de fraicheur incroyable dans ce road-trip. Malheureusement, Dolly est aussi un peu désespérée puisqu’elle cherche l’approbation mais surtout l’amour auprès de ses parents.

Seulement, le voyage traine en longueur et n’est pas très amusant finalement. Ce n’est pas drôle de rester assise sur la banquette arrière toute la journée à regarder les paysages défiler. En plus, le père de Dolly n’est pas très loquace et sa mère vient à lui manquer même si celle-ci n’est pas toujours très drôle et qu’elle est toujours un peu fâchée contre elle. Au moins, sa mère sait comment s’occuper d’elle… Pas comme son père qui fait un peu n’importe quoi au cours de ce voyage. Dolly veut rentrer à la maison.

Clemesta joue, en tant que meilleure amie imaginaire, le rôle d’une amie plus tempérée qui rappelle souvent Dolly à l’ordre lors de ses digressions et tente de lui faire prendre conscience de la situation. Elle est là pour la mettre en garde et l’avertir face aux dangers. Au fil du voyage, elle lui rappelle des choses que Dolly refoule totalement. J’ai trouvé cette utilisation d’ami imaginaire très juste puisqu’elle permet d’exprimer les sentiments de la petite qui n’est pas clairement consciente de ce qu’il se passe mais suffisamment pour en être perturbée et être en alerte.

C’est un récit qui met en avant l’innocence et la naïveté des enfants, facilement manipulables, grâce ou à cause de l’amour qu’ils peuvent porter aux adultes, souvent vus comme “ceux qui ont raison”.

Très vite, un sentiment de malaise s’installe. Tout d’abord parce que le récit est vécu et raconté par une enfant de 7 ans ce qui crée un décalage énorme entre le personnage principal et le lecteur tant au niveau de l’expression que de la façon de penser. Ensuite, nous ne sommes pas naïfs, ce départ précipité est louche et laisse malheureusement penser à autre chose qu’une simple “aventure” entre un père et sa fille. La tension est vraiment très bien menée et ne cesse de grandir jusqu’au dénouement final. J’ai eu le ventre noué tout du long de ma lecture puisque je savais qu’un truc était louche mais je ne savais pas exactement quoi, un peu comme notre petite Dolly en fait.

Concernant le dénouement final, je dois avouer qu’il m’a un peu déçu. Jusque-là ma lecture était atypique et surprenante : suivre le point de vue de l’enfant crée vraiment un sentiment différent que de suivre un adulte. On s’imprègne beaucoup plus de cette petite personne qui a une personnalité très forte et on voudrait la protéger. Par ailleurs, j’ai un sentiment mitigé concernant l’appréciation de cette lecture… Je ne sais pas si j’ai vraiment aimé cette narration. Je crois qu’elle m’a plu autant qu’elle m’a dérangé : suivre l’action via les yeux de Dolly était vraiment troublant. Malheureusement, le dénouement et surtout la motivation de ce voyage reste assez cliché et déjà vu. C’est dommage !

  • Narration
  • Tension
  • Originalité
3.5

Marine

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