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La fille de Joyce – Annabel Abbs

James Joyce était son père. Samuel Beckett, son grand amour. Voici son histoire.
Lucia Joyce, la fille unique de James Joyce, est une énigme. En 1929, elle était l’étoile montante de la danse contemporaine à Paris. En 1934, à l’âge de vingt-six ans, elle est totalement brisée et disparaît de la vie publique, passant le reste de sa vie enfermée dans des asiles psychiatriques. La plupart de sa correspondance et de ses dossiers médicaux ont été détruits. Qui est-elle et que lui est-il arrivé ? La Fille de Joyce donne enfin une voix à Lucia.

🧠 Personnage principal mutique


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Hervé Chopin. Merci à eux pour leur confiance.

Annabel Abbs reprend une “recette” qui fonctionne : elle nous présente ici une biographie romancée de la fille de James Joyce, Lucia, dont le père est un auteur à succès, notamment depuis son œuvre assez controversée qu’est Ulysse. Lucia est une danseuse, talentueuse à n’en pas douter, dans la période de l’entre deux-guerres ; elle y fait la connaissance de son grand amour qu’est le dramaturge Samuel Beckett. Mais malgré son talent, Lucia est une femme brisée, une artiste ratée, qui finit sa vie dans un asile psychiatrique.

Lucia est mutique depuis des années, c’est avec ce point de départ précis que nous la rencontrons, lors d’une séance dans le cabinet de son psy. Au fil du récit, nous décortiquons les secrets de famille de la jeune femme et on découvre un portrait assez sombre du père : écrivain à succès peut-être, mais personnage terriblement toxique surtout. On sent le drame dès les premières pages ce qui crée une ambiance très pesante, des tensions. Je me suis sentie vite oppressée par ce format. La plume de l’auteure est à la fois très “chirurgicale”, c’est-à-dire que rien ne dépasse, tout en étant très incisive, on ressent vraiment les émotions de façon exacerbées. Annabel Abbs prend une position assez forte au travers de ce livre : elle rend hommage à une jeune femme brisée, terriblement talentueuse mais qui a été écrasée par le poids du patriarcat. C’est cela qui est le plus tragique ici.

C’est un livre que je n’arrive pas à encore interpréter réellement : je ne saurais dire si j’ai aimé ou non. Je peux dire que j’ai été fascinée par l’histoire de cette femme, qui reste bien évidemment romancée, mais l’autrice parvient à la mettre en lumière, et à mettre en lumière son destin tragique. Il était aussi intéressant de découvrir Paris, déambuler au coeur de cette ambiance “années folles”. Il y a vraiment une part d’ombre dans ce récit et dans la vie de cette jeune femme : en me renseignant un peu, on peut découvrir de nombreux récits sur cette famille, et on peut voir qu’elle agite de nombreux débats. Pour vous donner une idée, toute la correspondance de Lucia a été brulée, on empêcherait que certains livres soient publiés car ils entacheraient la réputation de l’écrivain… Je pense que c’est une famille complexe et qu’on n’aura jamais vraiment “la” vérité. L’exercice de style auquel s’exerce Annabel Abbs est louable et immense, il est important de le souligner dans ce contexte.

  • Plume
  • Thématiques
  • Apports historiques
3.7

petitmomentlitteraire

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