Accueil » Nos articles » Dévorer sans faim – Deroin & Chauvière

Dévorer sans faim – Deroin & Chauvière

Margaux commence son stage de dernière année de psychologie dans un service dédié aux addictions et spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire – plus précisément dans le trouble boulimique. Elle se trouve alors confrontée à la violence et aux souffrances d’un groupe de quatre jeunes patients. L’un d’entre eux glisse sous la porte du cabinet de la psychologue des écrits relatant son parcours infernal pour sortir de cette addiction. Qui écrit ? La boulimie est souvent une souffrance cachée… et, au jeu du cache-cache, on ne trouve pas toujours celui que l’on pensait chercher !

🧠 Personnages boulimiques

TW/CW : psychophobie, grossophobie


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Le Muscadier. Merci à Gabriel pour sa confiance.

J’avoue avoir été très surprise par le format de ce livre. Je m’attendais soit à un petit roman, soit à une sorte de revue psychologique sur la boulimie, puisque c’est le sujet de ce livre, et au final, c’est un peu des deux. Je m’explique : on a une histoire divisée en épisodes, qui ont pour but d’introduire une question, un concept, un élément relatif à la boulimie, et qui est expliqué en quelques pages par un spécialiste. 

Je suis un peu mitigée par cette lecture. Je suis personnellement boulimique depuis plus de dix ans, et je suis actuellement suivie par des spécialistes. Les concepts abordés ne me sont donc pas inconnus, et je dois dire qu’ils sont très bien expliqués. Les pages écrites par le spécialiste sont vraiment qualitatives, simples à comprendre, et je pense que ça s’adresse autant à des personnes non atteintes qu’à des proches ou des personnes boulimiques, ou souffrant d’autres troubles du comportement alimentaire. 

En revanche, j’ai trouvé les parties “histoires” extrêmement dures et violentes par moment. Pour remettre un peu de contexte, l’histoire raconte quelques réunions entre le psychologue et les adolescents boulimiques, dans un centre spécialisé. Tous sont internés contre leur gré, et tous présentent une boulimie un peu différente de celle des autres. Je pense que la cible principale de ce livre sont les personnes boulimiques, possiblement jeunes (adolescents), et qui sont donc directement concernés par les propos tenus dans cette œuvre. Donc lire un des adolescents dire des choses comme “je suis pas boulimique, je suis pas comme ces tarés qui bouffent comme quatre et se font vomir après, c’est dégueulasse vous me prenez pour qui ?” ou répondre “bah tu devrais” à une personne qui dit ne pas se faire vomir, et qui est en surpoids, je trouve ça vraiment malvenu. Quand on est boulimique, ce sont des choses qu’on peut penser, entendre, et je trouve que même dans le contexte de cette histoire, ce n’était pas nécessaire. Ça n’apporte rien à mon sens, on peut transmettre le déni sur sa situation sans rabaisser les autres, et on peut ne pas insulter sur le physique. Oui, ce sont des adolescents en souffrance qui s’expriment, mais le lecteur, s’il est concerné, n’a pas besoin de lire ce genre de choses très culpabilisantes. Et vu le peu de contenu sur la boulimie qui existe, je suis déçue qu’un travail aussi qualitatif soit en quelque sorte gâché par la partie histoire.

  • Histoire
  • Parties psy
3.8

Philippine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page