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Crépuscule des pères – Cojo & Revel

2016, alors qu’il est en pleine procédure pour l’obtention de la garde alternée de sa fille Lise, Thomas découvre par hasard le « drame de Cestas » (1969), qui fut l’un des premiers faits divers médiatisés à outrance. Au terme d’une véritable enquête, il reconstitue le puzzle de cette tragédie.


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Les Arènes. Merci à Axelle pour sa confiance.

Le Crépuscule des pères est un récit qui s’inscrit dans plusieurs temporalités et plusieurs réalités. D’une part, nous sommes en 2016 auprès de Thomas Cessac qui essaie d’obtenir la garde alternée de sa fille, Lise. De l’autre, nous replongeons dans le passé, en 1969, au cœur du « drame de Cestas » auprès d’André Fourquet et de ses enfants.

Ce basculement est dû au hasard puisque Thomas Cessac en pleine procédure pour essayer d’obtenir la garde alternée et maintenir le lien avec sa fille, tombe sur un article relatant l’histoire du drame de Cestas et va enquêter dessus.

Un point sur le drame de Cestas

Le drame de Cestas ou l’affaire Fourquet est une affaire hautement médiatisée qui s’est déroulée entre le samedi 1er février 1969 et le lundi 17 février 1969 dans une petite ferme à Cestas, en Gironde. Cette affaire soulève le problème du partage et de la garde des enfants en cas de divorce.

En effet, André Fourquet, père de trois enfants, décide de ne pas rendre les enfants à leur mère à la fin du week-end dont il en a la garde. Avec une complicité et une coopération totale des plus jeunes, Aline 13 ans et Francis 11 ans, André Fourquet s’arme et barricade la ferme de toute part afin de ne laisser personne approcher les lieux. Mais, Chantal, l’ainée de la fratrie, fuit dans le courant de la nuit prétextant une envie d’aller aux toilettes et parcoure vingt kilomètres pour retrouver sa mère afin de lui expliquer ce qui se passe.

Dès lors, la situation s’intensifie puisque la gendarmerie nationale et les journalistes s’installent autour de la ferme afin de ramener André Fourquet à la raison. Celui-ci souhaite que son ex-compagne se présente à la ferme. Si elle se présente, il libérera les enfants. Celle-ci ne viendra pas. Entre hésitations, tentatives de négociations, la tension monte. André Fourquet déclare alors : « Si vous tentez quoi que ce soit, je me tue après avoir tué les enfants. »

Puisqu’ils se sont barricadés dans la maison, les Fourquet n’ont pas de provisions et la fatigue s’installe sévèrement. Une balle finit par se perdre au milieu des gendarmes et cause la mort du gendarme Carratala le 11 février. Les négociations ayant échoué après deux semaines, les forces de l’ordre décident de mener l’assaut et de mettre un terme à cela mais Fourquet s’est donné la mort après avoir tué ses deux enfants.

Lors des funérailles, près de 400 personnes se présentent. Lorsque Chantal, la mère des enfants, arrive, des échauffements se font sentir car beaucoup la tienne responsable de ce drame puisqu’elle n’a pas voulu voir son ex-mari comme il le lui demandait.

Visuellement et pour mieux comprendre la trame narrative, l’illustratrice, Sandrine Revel, utilise des tons différents. En effet, nous avons des planches un peu plus vives et colorées pour le présent, en 2016 et des planches très froides, pour le passé, en 1969. Les deux temporalités se superposent au début du récit pour ne laisser place qu’à l’affaire dans la deuxième moitié.

La tension et l’angoisse qui montent au fil des pages donnent un effet absolument saisissant ! Impossible de relâcher le livre sans savoir comment cela allait se terminer.

Ce qui n’a pas pu être retranscrit visuellement comme le contexte et les intentions concernant le récit le sont dans une introduction. Il y a aussi un avertissement sur le ton souhaité pour cette histoire et sur la retranscription de l’affaire qui a pour but d’être au plus proche du drame mais qui ne cautionne pas les actes commis.

Il en va de même pour la conclusion des différents récits. Il y a un long épilogue écrit concernant le drame et sur ce qu’il se déroule après la mort de Fourquet et des deux enfants, aussi bien médiatiquement que pour pour l’ex-compagne de Fourquet et sa fille, Chantal. Mais il y a aussi une conclusion personnelle pour Thomas Cessac, l’investigateur de l’affaire de Cestac, concernant la garde de sa fille.

Deux espace-temps, deux histoires bien différentes, mais une chose commune demeure : qu’en est-il de la place du père et de ses droits concernant la garde des enfants après un divorce ? Combien souffrent, injustement ou non, de cette séparation ?

Crépuscule des pères à été pour moi une lecture très enrichissante et bouleversante. Je vous la recommande vivement !

  • Propos du récit
  • Graphisme et colorisation
  • Lecture saisissante
4.3

Marine

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